2015/16
ALEXANDRE  ROCCOLI A Short Term Effect Productions
calendrier
Playground | DJ Chloé 2007
Longing 2014
Empty picture 2013
Drama per musica | Ellen Allien 2011
OK/Zero Killed 2008
A short term effect 2006
Ersatz 2005
créations
Weaver Raver 2015
Unbecoming solo 2007
The chronicles of possible worlds | Jeff Mills 2013
last last  | Pantha du Prince 2008
Weaver 2016
Coming together 2014
Zig zag 2013
ateliers
I will be your mirror 2008
presse
entretiens
textes
publications
curatoring
bio
design graphique: romain dja daouadji
Titulaire d’une Maîtrise en Esthétique de la Création (mention Danse du département Danse de l’université Paris VIII) et d’une licence en Information et communication (option politiques culturelles à Lyon II), il se forme ensuite auprès de Mathilde Monnier au Centre Chorégraphique National de Montpellier. Puis membre actif du théâtre du soleil pendant trois ans, il est interprète de Tambours sur la digue d’Ariane Mnouchkine. En 2003, il part vivre à Berlin où il collabore avec les artistes Antonia Baehr, Aranxta Martinez, Eszter Salamon, Tino Seghal , Maria Clara Villa Lobos, Tamer Yigit, Clemens Von Wedemeyer. Chorégraphe pour le club Berghain à Berlin, il signe des Dance-sections pour l’opéra After Hours créé par Marcello Buscaino et Heidi Moddle. Dans le film Otto up with dead people de Bruce Labruce (Berlinale et Sundance 2008), il co-signe les mouvements des acteurs et écrit les parties chorégraphiées. Le travail qu’il met en place individuellement ou avec Last Last croise les champs de l’art chorégraphique et de la mode. Il a ainsi créé Ersatz à la Villa Gillet (Lyon, 2005), A short term effect présenté au Hebbel Am Uffer à Berlin et aux Subsistances à Lyon (2006), Unbecoming solo, dans le cadre d’une résidence à Bushwick à New York et présenté pour le festival Fiaf, avec l’aide de Cultures France. En 2008, dans le cadre de Second Skin, en partenariat avec Les Subsistances et Tanzquartier à Vienne, il crée avec des artistes d’autres disciplines artistiques, la pièce Last Last. Puis il co-signe Drama per Musica avec Séverine Rième, pièce créée en 2011 au Centre Pompidou pour le Nouveau festival puis au festival Anticodes aux Subsistances à Lyon. Alexandre Roccoli est également commissionné pour la conception d’exposition. Ses expositions sont conçues comme des chorégraphies, elles reposent sur des principes de mise en mouvement du regard et de l’expérience du spectateur. Depuis 2008 il initie par ailleurs une étude sur un principe de dérivations. Ce projet met en lien les savoirs du monde hospitalier et ses approches en recherches psychiatriques avec une démarche chorégraphique et sonore.
contact
Octobre 
Throbbing
La Spirale du Tobogan de Décines  exposition du 17 Septembre au 19 Novembre
Institut Francais de Casablanca 13 Mai MASNAÂ#4 du 9 au 16 Mai 
Longing
CCN de Caen (résidence de recherche)
Les Pouilles & le Salento (résidence de recherche)
Mars
Juillet - Août
Weaver
Les Subsistances de Lyon 21 au 23 Janvier
Mai
Septembre
Nuits Sonores & European Lab Tanger
CDC de Toulouse 16 Mars
Décembre 
Janvier
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© Clemens von Wedemeyer
> Untitled (reconstruction) - Clemens von Wedemeyer
25’ solo pour 4 écrans, 2 platines, 1 danseur performance: Alexandre Roccoli musique: Sex in Dallas Ersatz - When was the last time you sweat on a dance floor? is the" left over" of days and nights on a dance floor in one of the emblematic club Berghain in Berlin. It is as a study on patterns that are alterated and shaped by rhythms, the body affected by the BPM and the métamorphoses processes. Untitled (Reconstruction), 2005, 3 min (loop), format 4/3, black and white, sound, presented by Galerie Jocelyn Wolff by Clemens von Wedemeyer on the choreographer Alexandre Roccoli in Villa Gillet, Lyon, France  Over and over again, a dancer vanishes from the vague-ly defined visual space — he seems to be in a clash, to the point of exhaustion, with the camera’s gaze. In the intervals, he waits quietly, his face to the wall. The footage in the film was shot during rehearsals for a solo piece.
45’ pièce pour 3 danseurs, 3 platines collaboration artistique & interprétation : Alice Chauchat, Arantxa Martinez, Séverine Rième, Lola Rubio musique: Sex in Dallas “A short term effect” est la création qui donne suite au premier solo du chorégraphe Alexandre Roccoli “Ersatz”.  Les rapports entre danse et musiques électroniques viennent se compléter par un dispositif chorégraphique et sonore. 3 danseuses se livrent à une joute rythmique à 6 mains avec 3 platines MK2 , une mécannique organique où la partition s' écrit par son caractère minimaliste sériel en lien à des infra basses telluriques.
© Chimène D
solo As the result of a three-month creative residency in Brooklyn, French choreographer Alexandre Roccoli will present the world premiere of a new work, "The Unbecoming Solo," based on the examination of isolation and displacement in contemporary society. The new work will question the construction of self through geographical, historical, and ethical standards of conduct. Challenging the status quo, and "crossing the line" into new territory is a creative inspiration. Facilitated by the artists of Chez Bushwick, the core of this program is to create substantial and lasting cultural exchange between the United States and France at the community level. coproduction/soutien: FUSED (French-US Exchange in Dance) / the Cultural Services of the French Embassy / Culturesfrance
© Christophe Chemin
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60’ pièce pour 2 danseurs chorégraphie: Alexandre Roccoli danseur: Mehdi Berkouki, Ghyslaine Gau musique: Benoist Bouvot, Vincent Carpentierscénographie/lumière: Séverine Rième coproduction/soutien: Les Subsistances de Lyon / La Scène nationale d’Orléans / CDC Toulouse Midi Pyrénées l’ADAMI • Partenaires : Dar Al Mamin, Marrakech / Espace Darja, Casablanca / Région Rhône-Alpes / Institut Français / DRAC Rhône-Alpes / Ville de Lyon Alexandre Roccoli a renoué, pour cette création, avec ses racines familiales. Son père était mineur de fond : un corps porteur d’un savoir-faire, marqué par la répétitivité du mouvement.Empty Picture s’est donné comme enjeu de transmettre cette mémoire du geste ouvrier, d’en faire une chorégraphie proche d’une transe libératrice.Alexandre Roccoli a mené une série d’entretiens avec des mineurs et des ouvriers, puis a travaillé avec des danseurs de krump pour faire sédimenter cette gestuelle ouvrière dans les corps des danseurs.Les danseurs répètent des mouvements transmis, opèrent des glissements, et des métamorphoses, et deviennent machines traversant l’histoire entre passé et présent. 
50’ solo chorégraphie: Alexandre Roccoli danseur: Malika Djardi musique: Benoist Bouvotcostume: Vava Dudu montage: Romain Daj Daouadji Le tisserand est un cavalier immobile, il appuie ses pieds dans les deux étriers et enfourche un cheval mécanique. Les femmes kabyles tisserandes appelaient la trame du tissu, leur âme. C’est elles qui, entrelacées dans la chaine, réalisent le tissu. Ce geste d’union de la trame et de la chaîne redouble en même temps qu’il symbolise le lien social. Il se distingue du sacrifice qui est, dans son exécution, contraire à son sens : il divise pour unir alors que le tissage n’en finit pas d’unir pour unir. La chorégraphie chevauche ainsi une série de gestes amputés et pillés à certains savoir-faire du tissage, métaphore de l’idée même d’être ensemble, de réunir certains gestes observés auprès de détenus en maison d’arrêt.  Longing est cette quête pour mettre fin au « grand embrouillamini » entre corps émancipés et corps aliénés. Les musiques intérieures font écho à des danses encore lointaines et archaïques qui oscillent entre sols rocailleux, là où le calme de la Méditerranée fait face à la puissance de l’Océan Atlantique. L’écriture du corps se travaille tel un tissage où les motifs se font et se défont, s’effilent, se dénouent, dans une arithmétique obsessionnelle et hallucinée.
© Samir Ouari
images: Simon Krahl Weaver-raver est un dialogue entre une tisseuse à Lyon Agnès sur métier Jacquard à de la maison des canuts de Lyon et Abdou un tisserand Tangerois du Fendouk. Ce geste d’union de la trame et de la chaîne redouble en même temps qu’il symbolise le lien social . Le tisserand est un cavalier immobile, il appuie ses pieds dans les deux étriers et enfourche un cheval mécanique pour nous mettre au galops de sentier hypnotique et extatique . Une pièce chorégraphique sera développée par une écriture filmique et musicale où le montage se fera en temps réel tel un tisserand, le vidéaste opérera à vu , la partition musical sera jouée avec un instrument de musique crée de la lutherie des métier à tisser, cet instrument est électro- acoustique. Les précisions rythmiques du geste nous a conduit à écrire une partition chorégraphique pour 4 mains. Celle s' est écrite à la cinémathèque de Tanger, un des lieux d'échanges des plus importants pour la jeunesse Tangeroise, le tissage n’en finit pas d’unir pour unir.
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40’ DocumentaireCette pièce est créée à partir de la célèbre chanson du Velvet Underground & Nico I will be your mirror : le texte est pour la mémoire collective un texte phare de l’histoire de la musique et surtout de l’histoire d’une génération, marquée par un désir de transgresser une forme, de transformer une conscience du réel, de transfigurer un corps, de le conduire ailleurs. Cette pièce chorégraphique propose aux spectateurs un véritable déplacement de sens. Le son devient corps, le corps devient son. L’espace devient surface à projection de l’imaginaire du spectateur. La danse qui se trame et qui s’écrit aussi bien sur le plateau que dans l’imaginaire tente d’observer au microscope une série de métamorphoses. Elle cherche à détailler les altérations d’un paysage mental et physique en considérant que le corps est un système de mémoire riche et complexe, que la mémoire du corps de l’autre est souvent le miroir à notre propre mémoire vue ou perçue sous un autre angle. Alexandre Roccoli travaille depuis 2008 avec un groupe d’amateurs et danseurs dont certains sont en situation de handicap. Ils explorent l’idée du groupe, du chœur et de la façon dont on peut être le miroir de l’autre, de la métamorphose, du visible/ invisible, du monstre/se montrer, à travers une recherche sur la transmission du geste.
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Zig Zag est un jeu de mémoires et d’oublis qui se joue entre 9 personnes seniors et 30 adolescents de 15 ans. Zig Zag les séparent de 75 ans, les uns sont au CAPA, les autres étudient au Lycée Paul Gauguin. Zig Zag se joue en 8 séances de 3h autour desquelles il s’agira de « récolter » divers métiers ayant disparus de la classe ouvrière (charrons, corsetières, charretier, etc). Les uns récoltent les autres transmettent. Zig Zag tisse divers souvenirs qui resurgissent de ces métiers, les tableaux se reconstituent d’éléments disparates d’un puzzle de mémoires de corps qui se révèlent, se reconnectent, s’ajustent, se confrontent telles une radio parasitée de fréquences traversant 5 générations.
Le projet s'articule autour d'ateliers dont l'intention finale est le ré-adaptation filmé de Coming together; la pièce sonore de Frederic Rezwski, construite à partir du texte de Sam Melville. En 1971, Sam Melville, emprisonné à la prison d'Attica, écrit une lettre à son frère où il lui parle de sa détention du rapport au temps de l'importance de la lecture et ou encore de l écriture en condition carcéral. Ce texte servira de point de départ à la pièce crée par Frederic Rezwski en 1972. Militant d'extrême-gauche américain né en 1934, Samuel Melville est incarcéré à la suite d'attentats perpétrés en 1969 en protestation à la guerre du Viêt Nam. Il est l'un des initiateurs de la mutinerie d'Attica de septembre 1971, organisée après la mort du Black Panther George Jackson, et sera tué lors de la répression de l'émeute. Le texte écrit par Sam Melville servira de partition et sera réactualisé par des entretiens et un travail d'écriture proposé aux détenus participants aux ateliers. Ces entretiens et interviews serviront de base de réécriture pour les détenus eux-mêmes qui seront ainsi co-auteurs d'un nouveau texte socle. Il s' agira ainsi de réouvrir ce texte qui a une composition rythmique très répetitve et de proposer aux détenus un travail réappropriation du squelette de ce texte en vue de le mettre en jeu par leur propre imaginaire et par divers situations physiques,dansées, chantées en vue de pouvoir sortir de l'ombre de l'incarcération. L'équipe artistique va mener ainsi avec certains détenus un travail non pas sur la prison mais sur la question relative du dehors en travaillant une circulation de savoirs physiques, musicaux, dansées et filmiques avec une ferme intention de déplacer et transformer l'inertie de la détention et de pouvoir proposer des mises en systèmes de son propre corps . Nous allons ainsi souligner l''importance par le «jeu» de retrouver des moments pour soi et en groupe en vue de travailler son imaginaire et de muscler celui du groupe.
© Romain Etienne
Radial system (Berlin) Playground #1: minimal art partition: Alexandre Roccoli & Christian Deléclusemusique: Chloé (kill the dj), Ari Benjamin Meyers & les musiciens du Redux Orchestraperformance: Aranxtra Martinez, Laurie Young, fabrice Ramalingom & Michel Abdoulcostume: Asha MinesCe titre générique contient un type d'événement : une série de rencontres autour de systèmes de jeux d’écriture et de composition initié par Alexandre Roccoli. Ces séries de mise en jeux convoquent plusieurs disciplines artistiques liant la danse, la musique, le motion design et le design de mode. http://www.aribenjaminmeyers.com/selected-projects/Playground
DJ Chloé kill the dj
© Asha Mines & Christophe Raynaud de Lage
40’ groupe d’artistes en réponse à l’initative de Tanz Quartier (Vienne) & Les Subsistances performance: Alexandre Roccoli & Asha Mines musique: Pantha du Prince hologrammes: Amaurw Agier-Aurel LastLast est un objet chorégraphique qui se re contextualise in situ.LastLast telle une machine à visions se joue des puissances du théâtre.Cet objet chorégraphique est un éloge de l'ombre et des ombres de ceux qui font le théâtre. Il architecture les éléments du théâtre comme un costume se tisse et révèle un espace fétichisé que "le corps théâtral" représente.La contamination du noir qui opère dans cet obscur objet amène le spectateur à explorer son rapport au visible et à la disparition."Contemporain est celui qui reçoit en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps." Giorgio Agamben http://alastlast.tumblr.com/
Pantha du Prince 
Exposition à la Galerie des Galeries La danse, la mode, les Galeries Lafayette, comment ne pas penser à Jean-Paul Goude ? A cours de leurs recherches, les deux commissaires se penchent sur l’oeuvre de ce dernier et sont marqués par son film « So far, So Goude ». Celui-ci documente sa vie et ses inspirations : la danse à travers le music hall, les transes ou le voguing et les femmes avec notamment Graces Jones. Influencés par cette même histoire, les deux danseurs dessinent peu à peu leur projet autour de ce film. Alexandre Roccoli et Michel Abdoul font alors appel à une dizaine de créateurs qui gravitent autour de ces disciplines : Cédric Succivalli (auteur) ; Fabrice Lambert (chorégraphe-créateur sonore) ; Pantha du Prince (DJ), Christophe Cufos, Luis Graça, Jody Johnson, (photographes); Bruno Cona, Sébastien Meunier, Asha Mines (stylistes). Leurs oeuvres et la projection de « So far, So Goude » constitueront l’exposition, scène des performances à venir.
Bodies in motion 2010
Swing 2008
Second Skin 2008
Ellen AllienBpitch control
50’ dans le cadre du Nouveau Festival (Centre Pompidou) & Festival Anticodes direction artistique: Alexandre Roccoli & Séverine Rième composition musicale: Ellen Allien performance: Michel Abdoul, Alexandre Roccoli, Andros Zins-Browne lumière: Séverine Rième réalisation d’image: Sophie Laly recherche sonore: Sergio Cruz & François Sallé texte: Tim Stüttgen costumes: Asha Mines régie son: François Sallé Le théâtre comme un navire provoque le déplacement et la dérive d’imaginaires.La métaphore du naufrage fait ici écho aux tumultes et à l'état d'urgence d'un monde en pleine mutation travaillé par ses failles transformantes. La partition sonore est composée de maillage d'écritures rythmiques : textes et voix de la Beat Generation, Cosmic Jazz de SunRa, sons concrets, jusqu'à la techno symbolisée par Ellen Allien.La structure répétitive et les visions multiples de la poésie physique, charnelle et politique du poème Howl de Allen Ginsberg ont alimenté le processus de recherche rythmique et textuel. Les performeurs orchestrent le corps du théâtre en se saisissant de sa machinerie et de son artillerie : leur gestuelle répétitive construit des architectures et souligne les rapports d'assujettissement et d'aliénation des corps au travail.Apportons au vaisseau qui ère dans le noir la lueur obstinée d'un phare Hélène Cixous dans Les naufragés du fol espoir d'Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil.
© Hervé Véronèse & Françoise Truchot
Jeff Mills axis records
Conception et création musicale: Jeff Mills Chorégraphie: Alexandre Roccoli Contribution scientifique: Laboratoire d’Astrophysique de Marseille - Institut Pythéas Répétiteur et danseur: Michel Abdoul Danseurs: Sandra Moens, Mehdi Berbouki, Cécilia Bengolea, Awatef Fettar Création visuelle: Yoko Uozumi Costumes: Anke Bruns Réalisation des décors et régie technique: Franck Gubarew Direction de projet et coordination générale: Raphaël Sage Textes et interviews: Jean Yves Leloup, Magali Deleuil Traductions et sous-titrages: Azra Brankovic Réalisation et montage vidéo: Jean-Jacques Sage Design graphique: Thomas Serrière Photographie: Imed Arbougi coproduction/soutien: Seconde Nature / Marseille Provence 2013 / Axis Records / Région PACA, Direction de l’Enseignement et de la Recherche / Fondation Vasarely / Institut Pythéas - Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (CNRS / AMU) / Agence Julie Tippex Au-delà de l’imaginaire astrophysique de ce spectacle, ou de l’inspiration musicale de ses mises en scène précédentes, Alexandre Roccoli affirme être à la recherche d’une matière physique plus primaire, ou plus primordiale. En convoquant et revisitant un grand éventail de techniques venues à la fois de la danse contemporaine comme des danses urbaines et populaires (release technique, locking, krump, footwork, house dance) et en choisissant des interprètes et des performers venus d’horizons différents, de la danse contemporaine ou urbaine, voire du burlesque ou de l’univers des clubs, il déclare ainsi chercher dans ses chorégraphies à se réapproprier et à réinventer certaines formes de rituel. Et, de façon plus profonde encore, à sonder la mémoire des corps. « J’explore la manière dont la danse peut servir d’archivage à travers le corps. C’est-à-dire de voir comment la danse peut réactualiser, transformer, métaboliser certains gestes anciens, ceux du travail, comme ceux de la fête ou des rituels. Et voir comment, in fine, les danseurs peuvent parvenir à redynamiser certaines de ces mémoires ». 
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Gérard Mayen, « Longing » d’Alexandre Roccoli, septembre 2014
Jean-Yves Leloup, Un Parcours, mai 2011
Inspiré par la musique électronique, les phénomènes de transe et la figure du clubbing, le chorégraphe Alexandre Roccoli apporte un souffle de mystère à la danse contemporaine.Comme un rêve, un cauchemar, une nuit de transe ou un trip hallucinogène, les spectacles d’Alexandre Roccoli imprègnent durablement la mémoire, sous la forme de scènes-chocs ou de visions fugitives. Des corps epileptiques entrevus à travers la pénombre, des formes étranges et noires errant à travers les décors, des flashs de lumière blanche illuminant les danseurs, des silhouettes fantômes de DJ apparaissant en fond de scène… composent un univers dans lequel règnent l’illusion et le mystère. Dans Drama Per Musica, présenté récemment au Centre Pompidou et aux Subsistances de Lyon, les danseurs, défiant les lois de l’apesanteur, transformaient l’architecture et le décor du plateau en un vaisseau fantôme aux voiles noires. Dans Last Last, présenté au printemps 2011 pour l’ouverture de la programmation Berlin Next à la Gaîté Lyrique, le plateau, plongé dans la pénombre, traversé de lueurs lointaines et de visions ectoplasmiques, accueillait une suite de scènes étranges dont la puissance poétique et la trouble séduction évoquaient l’art onirique d’un David Lynch ou les univers post-apocalyptiques de la science-fiction.Donner à voirCes spectacles, dont Alexandre Roccoli assure la chorégraphie et la direction artistique, mis en scène avec Séverine Rième ou le collectif Last Last, résonnent plus encore grâce à leurs riches bandes-son, dans lesquelles s’entrechoquent sons électroniques, beats robotiques, boucles de voix, samples obsédants ou chansons d’outre-tombe. Depuis son premier solo créé en 2005, Ersatz (when was the last time you sweat on a dancefloor) ? (litt. Quand as-tu sué pour la dernière fois sur une piste de danse ?), ce danseur et chorégraphe mi-lyonnais, mi-berlinois est en effet fasciné par la musique électronique et collabore régulièrement avec des musiciens issus de cet univers, comme les Français Chloé, Acid Washed ou aux côtés des Berlinois Ellen Allien et Pantha Du Prince. Dans chacune de ces pièces, la musique et les créations sonores composées par les musiciens, jouent un rôle primordial, au-delà d’une simple bande originale dont la fonction se résumerait à illustrer le spectacle ou à guider les danseurs. Ce qui intéresse le chorégraphe ici, c’est comme il le dit si joliment lui-même, "comment entendre peut donner à voir", c’est-à-dire comment la musique, répondant à la pénombre dans laquelle ses danseurs évoluent, peut susciter l’imaginaire des spectateurs. Les très belles pièces signées récemment par Ellen Allien pour Drama Per Musica et Hendrik Weber (alias Pantha Du Prince, qui a collaboré à la mise en scène de Last Last) participent entièrement à la fascination que peuvent exercer ces spectacles qui plongent volontiers les spectateurs dans un état d’hypnose et d’abandon. Révélation berlinoiseOriginaire de l’univers de la danse contemporaine, Alexandre Roccoli possède un parcours quelque peu atypique. Formé à Montpellier chez la chorégraphe Mathilde Monnier en 1998, il intègre un an plus tard le célèbre Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine où il incarne dans Tambours sur la digue, le rôle d’un manipulateur de marionnettes inspirées du Bunraku japonais. Après un passage chez Jan Fabre, autre metteur en scène hors-normes, il part étudier les rituels de danse masquée au Sri Lanka avant de s’établir définitivement à Berlin en 2004, à l’heure de la renaissance de la scène techno et de l’émergence de la prolifique vague minimale."J’ai débarqué là-bas dès 2002 à la réouverture du Berghain. J’avais quitté la France, parce que je ne me sentais pas trop en concordance avec ce que l’on appellait à l’époque la non-danse, une forme de déconstruction du genre."La nouvelle ferveur techno de la capitale allemande le fascine. L’atmosphère "extatique" des célèbres after-parties, dans lesquelles les nuits semblent durer des jours, lui rappelle les cérémonies et les rituels sri-lankais au cours desquels les hommes peuvent danser plus de quarante-huit heures. Tout en s’imprégnant de la musique de l’époque, il observe les comportements des danseurs et l’atmosphère des clubs, dont il s’inpire pour ses chorégraphies."La première partie de Drama Per Musica s’intitule par exemple "Into The Beat". On peut y voir comment un corps peut être affecté par différents tempos, comment ton bras peut avoir une rythmique et ta jambe une autre, comme en quelque sorte la musique peut littérallement traverser le danseur. Dans le nouveau Berghain, tu as des points de vue plongeant sur le dancefloor et tu peux observer ce qu’il s’y passe, voir comment la masse des danseurs ressemble à un organisme vivant. Même si les danseurs ne se touchent pas, ou ne se touchent plus, il semble y avoir tout de même une circulation, une transmission du geste. Et puis ce qui m’a marqué aussi chez ces danseurs d’after, c’est comment les corps, en répétant inlassablement les mêmes gestes, finissent par tanguer, par dériver. D’une façon plus générale, dans mes spectacles, je m’intéresse à la manière dont l’écriture chorégraphique peut être mise en parallèle avec l’écriture du son, l’idée de la répétition, du scratch mais aussi du bug. Comment l’art de la composition et du sampling peuvent se retrouver aussi à travers le corps." Un corps en soiDès lors, les spectacles auxquels il participe ou qu’il met en scène croisent régulièrement l’univers du clubbing. Outre les récents Drama Per Musica et Last Last, il collabore en 2006 à la production et à la chorégraphie de l’opéra After Hours (inspiré du film éponyme de Martin Scorsese !) dont les représentations ont lieu dans l’espace-même du gigantesque club Berghain. En 2007, il met en scène Playground au Radial System, une ancienne usine hydraulique berlinoise, dans lequel il confronte les compositions électroniques et obsédantes de Chloé aux classiques de la musique minimaliste contemporaine interprêtés par le Redux Orchestra. La même année, il présente A Short Term Effect, une chorégraphie pour trois danseuses et trois platines, sur lesquelles défilent quelques fragments empruntés à Nico, Grace Jones et Amanda Lear, trois créatures mythiques de l’histoire du clubbing.C’est d’ailleurs sans doute cet intérêt pour les atmosphères nocturnes qui a poussé Alexandre Roccoli à explorer l’idée de la pénombre dans ses spectacles. Et c’est justement cette pénombre, à l’intérieur de laquelle surgissent ou apparaissent ses danseurs, ses personnages ainsi que les figures et les silhouettes de musiciens comme Pantha Du Prince ou Ellen Allien (présents et actifs lors des spectacles) qui confèrent à ses mises en scène ce caractère de mystère et de magie. "Dans mon travail, ce qui me passionne, c’est de parvenir à susciter l’ imaginaire chez le spectateur à la fois à l’aide de cette pénombre et de la bande-son, et de montrer in fine comment le son peut devenir un corps en soi."
Aux Subsistances (Lyon), en marge de la Biennale, était donné Longing, d’Alexandre Roccoli : comment la transe se tisse . Plutôt qu’un jaillissement : l’hypothèse d’une technique de la transe. Il n’y a qu’une danseuse – Malika Djardi – dans Longing, nouvelle pièce d’Alexandre Roccoli ; mais au moins trois états de danse. Tout près d’elle en bord de plateau, le musicien Benoist Bouvot accompagne avec des ondulations de dance-floor hédonistes le son électronique envoûtant qu’il distille depuis ses platines. Cette nuance jubilatoire contraste étrangement avec l’apparence d’abord sèche de la danse qui se joue sur le plateau. Celui-ci est très resserré, le public assis tout au bord. Malika Djardi en parcourt le pourtour, mais encore les diagonales, les sécantes, de manière très méthodique, progressive, presque appliquée, au risque de diffuser une sensation ardue de durée. Ses pas habiles demeurent longtemps sobres, ordonnés. Ils font écho à ce qu’on a d’abord pu observer sur un écran, dans l’antichambre de la salle de spectacle : soit des images filmées par le chorégraphe lui-même, poussant jusqu’au bord de l’hypnose l’observation des gestes répétitifs, rigoureusement exacts, de tisserands traditionnels marocains. C’est le propre d’Alexandre Roccoli, que de puiser une bonne part de sa pensée du geste chorégraphique, aux sources du monde du travail, au contact duquel il a grandi – s’est construit. Mais c’est son propre tout autant, que de rechercher un sens vécu du monde contemporain dans le noctambulisme électronique des grandes métropoles. C’est enfin son hypothèse toute singulière, que de faire fonctionner ces deux réminiscences l’une en résonance de l’autre. Or la pièce Longing ne ressort pas au registre de l’art documentaire, mais vient toucher une vraie question de la danse : convient-il d’opposer d’une part le geste maîtrisé, savant, soumis à apprentissage et reproduction à, d’autre part, le geste débordant, enivré et supposé libre, propre aux états altérés de conscience, dont bien éminemment la transe ? Dans Longing, Malika Djardi, aux prises avec son environnement sonore et scénographique, partant d’une structure très stable, la développe implacable, pour relever le défi redoutable de muter vers une transe sans perdre son public, qui pourrait n’y voir qu’une mise en spectacle le tenant à distance. Tout comme dans le dépassement de la fausse contradiction évoquée ci-dessus, cette pièce est tendue d’un ressort d’intelligence de corps et d’esprit, pour force de conviction. Ce solo porte tout un monde.
Exposition à HKW (Haus der kulturen der Welt - Berlin) avec ESMOD Berlin & IFM Paris Bodies in Motion est l’exposition chorégraphique résultante de la rencontre entre 16 designers d’Esmod Berlin et IFM Paris. Cette rencontre s’est articulée autour des champs artistiques déclinant mode/chorégraphie/vidéo/images & photographie, lee lien commun étant le corps et le mouvement. Les axes de recherches se sont articulés autour de 2 univers des créateurs uniques à savoir Jean Paul Lespagnard , Goran Pejkoski (maison Margiella, Lanvin) et leurs charges théâtrales​ ​ s’exprimant  dans leur singulière vision du corps en vêtements. Les explorations, recherches des jeunes créateurs/designer ont mis en rapports divers coutures de perceptions. Vécu comme une autopsie dans des modes de consciences singulières, les designers ont sondés divers experiences du sensibles.  Il a été question de prendre les risques de se déplacer de certains modes de fonctionnements habituels de créativités et de conceptions.Ainsi  l équipe s’est  attelée à muscler un imaginaire sensoriel des jeunes créateurs  par divers mises en mouvements et explorations corporelles. A travers ces usages et pratiques il s’agissait de : s’allonger/respirer/s’écouter respirer/toucher/sentir/voir ne plus voir/ressentir/se réapproprier en partant de son propre corps au corps étranger de l’autre où le geste venait modeler/extraire/s​'​extraire/se démesurer/s’hybrider.  Ce temps fort vécu à Paris est présenté à Berlin sous forme transposée, réécrite, fonctionnalisée par la réalisatrice Katharina Klewinghaus. Bodies in Motion souligne divers états de corps d’une jeune création reflet de notre contemporanéité. Elle rassemble, présente diverses amorces, signaux comme miroir de la mode de demain. Une  mode qui suivrait l​'​évolution des consciences et  évolutions des corps à venir. Cette exposition est conçue comme un laboratoire d alchimies qui souhaite proposer et permettre aux spectateurs de s’ouvrir sur  sa propre expérience des sens » Bodies in motion a été conçu pour Esmod Berlin et IFM Paris par Alexandre Roccoli chorégraphe et  directeur artistique des invitations, pensé sous l’Egide de Francine Pairon et Sylvia Kadolvsky​.Le projet est soutenu par OFAJ et la ville de Berlin.Un grand merci à Colette Buffière et Dr. Reiner Seider.
> EAT - Alain Buffard, Sébastien Meunier & Amaury Agier-Aurel
Commissariat avec chorégraphes, stylistes et théoriciens autour du costume et du mouvement chorégraphes: Alain Buffard, Chris Haring, Anne Juren, Alex Roccolistylistes: Sébastien Meunier, Asha Mines, House of the very island's royal club division middlesex klassenkampf but the question is where are you, now ?théoricien: Brigitte Felderer coporoduction/soutien: Les Subsistances de Lyon / Tanzquartier de Vienne / Forum Culturel Autrichien / Institut Français de Vienne / Ministère de la Culture Autrichien / bmukk  La Mode est plus que jamais, et depuis plus de cinquante ans, une manière de vivre et de penser. Aujourd'hui, quel qu'il soit, le costume sur le plateau de danse fait sens ou non-sens, fait corps avec la pièce. Ce projet Tandem se propose de rassembler autour du Tanzquartier à Vienne et des Subsistances à Lyon, quatre chorégraphes, quatre stylistes, et trois théoriciens de la mode, ainsi que quelques interprètes venus de deux pays différents, l'Autriche et la France. Il associe aussi deux structures de formation, l'une à Vienne et l'Université de la mode de Lyon. L'idée: que ces artistes et théoriciens pensent ensemble les rapports du costume et du mouvement, qu'ils réfléchissent et fassent vivre ensemble le vêtement d'aujourd'hui sur le plateau de danse ; que le vêtement de mode, cet attribut extraordinaire qui se voudrait quotidien, aille perturber, interroger, enrichir le mouvement de la danse contemporaine qui a très souvent puisé son aspect spectaculaire dans le détournement du quotidien. http://alastlast.tumblr.com/
Commissariat avec chorégraphes, stylistes et théoriciens autour du costume et du mouvement concept: Alexandre Roccoli & Christophe Chemincamera & editing: Alexandre Roccoli, Christophe Chemin & Katharina Klewinghausperformance: Maria Hassabi, Katharina Klewinghaus, Alexandre Roccoli & Christophe Chemincostume: Bernhard Willhelm Alexandre Roccoli and Christophe Chemin deal with the experience of perception in OK/Zero Killed, an homage to avant-garde filmmaker Maya Deren, combining cinema with choreography and inviting the audience to take part in the process of their own perceptual construct. OK/Zero Killed creates a world of illusions, a colorful kaleidoscope of visual perception.
texte: Forian Gaitée Depuis plusieurs années, Alexandre Roccoli développe une recherche plastique et chorégraphique sur des gestes artisanaux anciens, déjà perdus ou résistants à l’oubli. A travers les créations Empty picture (2013), Longing (2014), Weaver Raver (2015) et différents ateliers, le chorégraphe a ainsi réuni la matière d’une trame aussi visuelle que sonore sur le monde tisserand. Entre l’Italie, le Maroc et la France, Alexandre Roccoli a recueilli les témoignages de ceux qui perpétuent cette mémoire ouvrière, toujours plus menacée par l’automatisation des pratiques dans les sociétés industrielles. Cherchant à « repriser » ces récits culturels — à les reprendre comme on les répare — Alexandre Roccoli croise dans Weaver les histoires d’ouvrières victimes de tarentulisme (un trouble nerveux qu’on attribuait à une piqûre d’araignée) ou de la maladie d’Alzheimer, deux formes de mémoire blessée. Pour la première, la maladie devenue danse folklorique (la « tarentula ») se fige dans une représentation édulcorée, qui en altère le souvenir, quand pour la seconde, les troubles mnésiques irrémédiables qu’elle produit empêchent la transmission de tout héritage gestuel. De son sens concret à ses évocations abstraites, il s’agit alors de prendre l’image du tissage pour un nœud polysémique par lequel tresser ces différents récits. De la métaphore du fil de la vie tissé par les Moires à celle du tissu cérébral, siège de la mémoire, du motif du métier à tisser à celui de la toile des araignées tarentules, Weaver entrelace histoires personnelles et récits collectifs, légendes du passé et témoignages d’aujourd’hui, pour sceller entre eux une communauté de destin. Porté par une nostalgie certaine, un remords éprouvé face à la dissolution de ces gestes dans l’oubli, le projet leur offre l’occasion d’une survivance, d’une réinscription dans les imaginaires collectifs. Weaver prend la forme d’une installation multimédia (son, image, performance) modulable, réalisée in situ. Elle adopte la forme et le principe de la réitération : paroles d’ouvrières de la soie diffusées en boucle, images syncopées des gestes artisanaux et chorégraphies compulsives. La confrontation entre les répétitions du geste technique, de la pathologie et de la danse crée alors l’effet d’un redoublement réparateur, d’une remédiation des unes par les autres. Entendant cicatriser ces mémoires blessées en recouvrant ces histoires perdues, Weaver se pose enfin comme un dispositif de conservation moins documentaire qu’affecté, ouvrant la voie à une possible résilience.